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Eha - crépuscule
Kaja - écho
Laine - vague
Lagle - bernache
Leelo - refrain de chant traditionnel, chanson
Tuuli - vent
Õie - fleur
Auli - harelde boréale (oiseau)
Kalju - rocher
Kaur - plongeur (oiseau)
Koit - aube
Lembit - bien-aimé
Malev - bataillon
Valdur - puissant
Meelis - agréable
Kiur - pipit (oiseau)
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Les noms de famille
les plus fréquents:
Saar - frêne
Tamm - chêne
Lepik - aulnaie
Sepp - forgeron
Karu - ours
Mägi - montagne
Kukk - coq
Kask - bouleau
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On ne se nourrit pas de beauté.
Ce que tu apportes, tu recevras.
Où il y a du travail, il y a du pain.
La bouche est l'interprète du cur.
Il ne faut pas repousser le travail au lendemain.
L'homme chasse l'argent, l'argent chasse son âme.
Tu peux te moquer de l'homme mais pas de son chapeau.
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Pour les Estoniens, on peut être:
Plein de caprices comme le temps d'avril.
Grand comme un cheval.
Impétueux comme un feu de genévrier.
Inattendu comme un coup de feu tiré par un manche de balai.
Bête comme un pied de table.
Une chose:
Sied bien comme une selle à un porc.
Ou encore:
Il dort comme un sac.
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Si quelqu'un est heureux, sa bouche s'étire jusqu'aux oreilles; il peut rire au point
de devenir un petit pois ou même d'éclater comme un fruit mûr. Les Estoniens se
tiennent le ventre à deux mains en entendant une bonne blague.
Si un Estonien est furieux, ses poumons se déplacent et se mettent au-dessus
de son foie, son cur se remplit, il se met à bouillir et, en rage, devient un
bretzel. La crête sur sa tête devient rouge et il sort de lui-même.
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(...) La langue parlée par les Estoniens est douce et mélodique. L'Estonie est très riche en chansons traditionnelles. Les Estoniens sont poétiques, créatifs et ont une bonne mémoire. Ils sont aimables et accueillants (...) mais ont quelques défauts: ils se mettent facilement en colère, ont l'esprit de vengeance et sont entêtés (...)
Conversation-Lexicon, Brockhaus, 1877
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Mais tout ceci ne peut-il être dit à propos de n'importe quel peuple? Le petit coin du monde où ont toujours vécu les Estoniens a subi de nombreuses invasions. La langue estonienne contient des mots d'origine allemande, suédoise, russe, française, finnoise et anglaise. Les façons de penser et d'être des Estoniens, elles aussi, ont été influencées par ces mouvements de populations.
Le pays est très urbanisé (3/4 de la population vit dans les villes), mais
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l'Estonien reste très attaché à la campagne: pendant la sécheresse d'été ou les pluies d'automne même les citadins parlent de l'état des champs. Les Estoniens sont extrêmement attachés à leurs racines historiques, même si parfois ils ne les connaissent pas de façon savante. Interrogez un Estonien sur son histoire. De façon tout aussi passionnée, il vous contera "tout", depuis le 13e siècle, ou se concentrera "seulement" sur les 20 dernières années. Le tempérament
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estonien est peu porté à l'expression des sentiments. Un visiteur étranger rencontre rarement un Estonien très triste, ou au contraire très heureux, et pense - à tort - que les habitants ont un caractère froid et peu communicatif. Qu'en est-il en réalité? Dans les relations professionnelles, on pratique le "shake hands". Mais en privé, entre amis, on ne se serre pas la main, on ne s'embrasse pas non plus. On dit "Bonjour" tout court. Soyez patient avec votre interlocuteur estonien, laissez lui le temps de vous découvrir la richesse qu'il cache sous un extérieur rêche. Vous en serez récompensé,
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et trouverez en lui une personne qui - mais si - aime la conversation, un hôte accueillant, un ami fidèle. Les Estoniens ne pratiquent guère la politesse superficielle ... le visiteur malchanceux pourrait ressentir une lourde indifférence à son égard. Soyons clair: la plupart du temps, la communication est simple, directe, parfois d'une sincérité surprenante. Le seul moment où l'on peut voir un Estonien éclater de rire, c'est autour d'une bière. Les plaisanteries estoniennes sont ironiques et implicites.
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Les Estoniens, dont les relations avec le pouvoir ont toujours été un peu compliquées, n'ont pas de révérence particulière pour le statut ou la position d'une personne. Ils se moquent de la même façon directe, aussi bien d'eux-mêmes, de leur voisin ou du gouvernement. Ne donnez pas de conseils à un Estonien : vous risqueriez de le trouver au mieux sceptique, au pire bête et têtu. Mais pour un Estonien, l'entêtement est une qualité nationale, qui va de pair avec son amour du travail et son enracinement local.
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Un Estonien est comme un arbre: son apparence varie selon le point de vue. Pour que ses différents aspects deviennent visibles, il faut sortir de l'ombre de son feuillage et s'éloigner de l'arbre. A travers les siècles, les vents puissants ont formé sa couronne mais laissé intouchées ses racines qui se sont fortement fixées en terre, terre de lois suprêmes, - ses propres lois - et de sagesse - sa propre sagesse. Les ramifications de l'arbre se révèlent seulement après que les tempêtes auront arraché les feuilles. Seulement
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après se feront es voir les grandes branches cassées et les tiges torduou desséchées dont quelques-unes sont visibles de l'ouest ou de l'est, les autres du nord ou du sud mais c'est tout à coté du tronc de l'arbre que l'on peut les observer de la meilleure façon. Là, on verra l'écorce rêche avec ses écorchures - ici, elles sont fraîches, là, déjà anciennes. Cela fait partie de l'histoire de l'arbre - les loupes et ronces de toute forme peuvent nous dire si l'arbre est en bonne santé ou pas, ces indices nous racontent si quelqu'un a sucé la sève, la vitalité de l'arbre et laissé ses traces sur son écorce, ils nous
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montrent cette douleur que seul peut éprouver un arbre et nul autre être. Là, on peut parfois entendre les tempêtes qui sifflent dans les branches et les vents qui susurrent dans le feuillage. Les voix de ceux qui viennent et vont se mêlent aux chants de ceux qui restent. Et là, tu comprendras les murmures et silences du présent. Et ses mots deviennent les tiens et tu deviens quelque chose afin de te permettre d'être toi-même.
Fred Jüssi, photographe de nature
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Le caractère d'un peuple est révélé par les contes traditionnels - ces sont de véritables documents qui ont pendant des siècles cristallisé de l'information abstraite tirée des expériences populaires.
Quels sont les personnages principaux d'un conte estonien? Nobles héros qui combattent dragons et libèrent princesses emprisonnées dans les châteaux ensorcelés? Rois et mages puissants, beaux elfes? Non. Dans les contes estoniens, on rencontre des personnages tels "le rusé gardien de grenier" et l'homme qui s'appelle Kaval-Ants (Ants le rusé).
Ces personnages ne sont ni riches ni fameux et ne
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deviennent jamais rois. Ils ne sont non plus chevaliers qui affrontent leurs adversaires sur le champ de bataille avec leurs haches. Jamais ils ne commettent d'actes héroïques - plus encore, ils ne sortent presque jamais de chez eux!
Ils restent assis à côté du feu, fument leur pipe ou bien s'allongent quelque part sous le soleil. Parfois, il leur arrive de rencontrer le Diable ou quelque esprit malveillant mais ils n'essaient jamais de le chasser à l'aide du glaive ou de la croix. Au contraire, ils auront une petite conversation sympathique avec le Mal, ils peuvent même entrer au service du Diable, sans but particulier.
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En fait, ils chapardent les biens de leur maître en cachette et le dupent aussitôt que l'occasion se présente. Ils pratiquent aussi toutes sortes de sorcelleries qu'ils utilisent dans un seul but - augmenter leur propre richesse. Par exemple, ils peuvent fabriquer des poupées de chiffon animées par le Diable, se transformer en tourbillon, lui-même déguisé en mouche sortant du nez de quelqu'un, ou même, transformant l'auge à cochons en véhicule d'assaut aérien, partir à l'attaque des réserves de grain du voisin. Parfois, ils font le tour d'une pierre grise et deviennent loups-garous. Un voisin fâché ou un mauvais seigneur peut
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se transformer en tourbillon pour s'emparer de vos avoirs ! Tout ceci n'est pas si grave, le "gardien du grenier", personnage symbolique de l'Estonien, connaît les remèdes à ces maux- il frappe le malfaiteur avide avec une branche de l'arbre à grives et l'estropie. Et la vie continue.
A la fin, le Prince des Ténèbres ou La Mort viennent réclamer l'âme du "gardien du grenier". Mais lui convie le visiteur à s'asseoir sur un siège couvert de goudron ou bien lui fait boire du brai bouillonnant.
L'ennemi s'échappe et le "gardien de grenier" (ou Ants) reste assis à côté du feu à fumer la pipe comme si de rien n'était. Pour toujours dans les siècles des siècles. Les Estoniens de ces contes ressemblent aux jeunes aulnes dans l'ombre d'une forêt majestueuse. Ils n'ont peur ni des tempêtes ni de la cognée. Ils sont là pour y rester.
Andrus Kivirähk, écrivain
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L'émotivité collective d'un Estonien est très faible. Il ne veut ou ne sait canaliser ou exprimer l'énergie collective des émotions. Il sent comme cela risque de détruire son monde intérieur, renverser son équilibre intime. Pour un Estonien, ce n'est pas l'intensité d'une émotion qui compte mais plutôt sa qualité. Les Estoniens sont d'excellents tacticiens, de bons chefs d'état major, mais sont une piètre infanterie, tant ils sont incapables de laisser de côté leurs sentiments lorsqu'il s'agit de s'élancer sous le feu des mitrailleuses. Ils ne prennent jamais aucune Bastille. Ils se tiennent à côté, se grattent la tête, analysent, calculent, avancent et parfois, à petits pas, tombent amoureux de certaines choses.
Jaan Undusk, critique littéraire
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Un Estonien est une personne extrêmement contemporaine, même si parfois, il ne s'en rend pas compte. Dans le monde contemporain nous nous heurtons à une pluralité extrême des modes et styles. Exactement comme n'importe quel européen ou américain qui croit en même temps aussi bien aux découvertes scientifiques qu'aux guérisseurs et horoscopes, un Estonien est la somme de nombreuses influences biologiques ou mentales. Ces influences se manifestent sous des aspects très divers: pour cette raison il est difficile de décrire précisément le caractère d'un Estonien.
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Il n'est pas beaucoup plus facile de décrire l'Estonien lui même. Un Estonien ne se souvient pas bien de ses racines millénaires, il n'a pas de plats traditionnels qu'il aime manger, et très peu nombreuses sont les traditions communes à toute la nation. Bien que les clichés a propos d'une nation soient presque toujours sans fondement - il existe des finnois nerveux aussi bien que des anglais dépourvus du sens de l'humour -, ces mythes existent quand même. Malgré les efforts consacrés à bâtir quelques mythes à propos du caractère estonien, personne ne les croit longtemps.
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Chez les peuples voisins, les traits que l'on prête aux Estoniens sont beaucoup plus visibles sous des formes beaucoup plus pures. Ceci est le résultat du métissage des races et peuples qui sont passés par l'Estonie. Une autre explication est que l'histoire des Estoniens et de l'Estonie est celle d'une nation qui a toujours essayé d'être à la hauteur des autres. A la fin du 19e siècle les Estoniens ont en quelques décennies subi toutes les influences, courants et vagues culturelles européennes de plusieurs siècles. Pendant la première indépendance, l'Estonie a réussi à s'élever à la hauteur de l'Europe. Après
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l'occupation russe, l'Estonie s'efforce d'être à la hauteur des autres. Cet effort permanent laisse des traces. L'Estonie aujourd'hui, c'est un peuple postmoderne avec tous les bons et mauvais côtés que cela implique; pastiche, parodie, éclectisme et recyclage. Un peuple qui ne se souvient pas du paradis perdu et qui essaie à tout prix d'atteindre la vague notion de paradis. Un peuple vraiment, extrêmement contemporain.
Mihkel Mutt, écrivain, éditeur de la revue culturelle
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Pendant la "Révolution Chantante", on pouvait souvent entendre une chanson qui disait: "Je suis fier et content d'être estonien"
Lorsque l'empire soviétique s'écroulait, les Estoniens se sentaient fiers et supérieurs, grâce à leur rôle important dans l'effondrement de l'empire. Après le départ du grand ennemi, la grandeur de l'Estonie est également partie. Ils se sentent mal à l'aise face à l'ignorance du monde entier ; les habitants des pays lointains ne sont pas capables de situer l'Estonie sur une carte et les pays voisins ne sont pas capables de saisir l'essence de l'angoisse mentale des Estoniens et de l'Estonie.
De l'autre coté de la planète, on peut penser qu'un Estonien pourrait se réjouir en entendant na zdarovje en russe pour trinquer. Les voisins les plus proches associent l'Estonie au naufrage tragique d'un ferry ou bien reprochent aux
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Estoniens l'uniforme - le mauvais uniforme - que portaient leurs grands-parents pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Un Russe se trouvant dans un pays étranger se demande: "Pourquoi ne sont-ils pas comme nous?" Un Estonien, dans la même situation, se demande: "Pourquoi ne savent-ils rien de nous?" Le monde ne comprend pas les Estoniens et les Estoniens ne comprennent pas le monde. Le monde peut bien s'en moquer, mais les Estoniens, réussissent-ils à faire de même? C'est la question.
Andrei Hvostov, journaliste free-lance |
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